André-Marie AMPERE 

(1775-1836)

Il s'agit bien sûr du personnage le plus célèbre de Poleymieux. Homme remarquable sur bien des plans, nous nous concentrerons aujourd'hui, dans cet extrait, sur ses qualités de poète et les jolis vers qu'il a écrit sur Poleymieux.

Tout d'abord, une jolie charade qu'il rédigea sur Poleymieux :

Mon premier est un nom d'apôtre

Mon second sert à délimiter les champs

Mon troisième est un adverbe comparatif

Et mon tout est un endroit ravissant



Ensuite, voici quelques très beaux vers qu'il écrivit sur Poleymieux : 



"Que j'aime à m'égarer dans ces routes fleuries

Où je t'ai vu errer sous un dai de lilas ;

Que j'aime à répéter aux nymphes attendries, 

Sur l'herbe où tu t'assis, les vers que tu chantas. 



Au bord de ce ruisseau dont les ondes chéries

Ont à mes yeux séduits, réfléchi tes appas,

sur les débris des fleurs que tes mains ont cueillies

Que j'aime à respirer, l'air que tu respiras. 



Les voilà ces jasmins dont je t'avais parée

Ce bouquet de troènes a touché tes cheveux,

Tout ici me retrace une image adorée, 

Tout y peint les tourments d'un amant malheureux.



Regarde cette rose aujourd'hui desséchée,

Hier, elle exhalait les plus douces odeurs,

Sur ton sein palpitant, tu l'avais attachée. 

Quel injuste destin a flétri ses couleurs !



Tout passe ! C'est ainsi que la course des âges,

Sur les ailes du temps, emporte nos beaux jours,

Qu'un ciel pur et serein se couvre de nuage,

Que l'absence succède aux plus tendres amours.



O Julie ! C'est ici que mon âme éperdue 

Nourrira les chagrins dont je suis déchiré ;

J'y dirai tous les jours : "C'est là que je l'ai vue,

En me disant adieu, c'est là qu'elle a pleuré."



Que ces lieux sont chers à ma mélancolie.

Sur ces arbres, ému, je graverai ton nom,

J'y lirai mes douleurs et ma voix attendrie

Le redira cent fois à l'écho du vallon."